Au gouvernement, DDPS et à l’Armée suisse

La Grève du Climat appelle à faire grève militaire. Par éthique, morale, responsabilité écologique et sociale, nous ne consentons pas à payer la taxe, ni à aller au service militaire. Nous n’acceptons pas de donner de l’argent et du temps à votre institution polluante, violente, discriminatoire, machiste, nationaliste, autoritaire, coûteuse et inutile. Face aux enjeux actuels – telle l’urgence climatique et sociale – votre institution est inutile et surtout nuisible. Nous exigeons que l’armée soit radicalement modifiée ou soit supprimée​.

Le culte de l’Armée suisse n’a plus lieu d’être. Nous n’allons pas continuer, sous prétexte de tradition, à construire une image militaire et agressive de notre pays. Ne prétendez pas promouvoir la paix ! Avoir une institution militaire, c’est croire que la paix s’obtient par une stratégie de maintien de la peur, ce dont nous souhaitons nous distancer​.

Autre exemple, plutôt récent de votre nuisance. Au lieu d’admettre votre impuissance face à cette pandémie du corona qui sévit actuellement, vous vous sentez obligé de rechercher un sens à votre existence, et de faire de la propagande1. Mais malgré votre offensive médiatique qui visait à faire croire de l’importance de l’armée en situation exceptionnelle, les rares tâches pour lesquelles vous avez été utiles n’étaient pas militaires et auraient pu être menées à bien sans armée. Vous voulez être réellement utile ? Donnez votre budget annuel aux hôpitaux.

De nombreux pays sont exploités et détruits par notre gouvernement, nos entreprises et nos banques. Car pour les fortuné·e·x·s, les frontières sont grandes ouvertes lorsqu’il s’agit d’y exporter des armes ou d’y piller les ressources. L’armée agit en complice, elle crie à l’ennemi étranger, et ferme nos frontières, alors que les responsables sont à l’intérieur. Vous laissez ensuite mourir ces êtres humains dépossédés de leurs terres et ressources dans les ​guerres ou dans la mer. Prenons nos responsabilités, arrêtons ces massacres et accueillons dignement celles et ceux qui en ont besoin.

Vos ambitions écologiques autant que vos actions pour y parvenir sont, sans exagération, minables. Vous ne vous rendez pas compte de la crise climatique et environnementale en cours. Le GIEC nous alerte sur la nécessité de rester en dessous de 1,5°C. Pour cela, il est nécessaire d’arrêter totalement nos émissions de gaz à effets de serre avant 2030. De plus, l’effondrement de la biodiversité qui est en train de se dérouler nécessite toute notre attention. Cette destruction est due à la dégradation des sols par l’utilisation de pesticides, du mitage, de littering ou par vos activités. Fini de vos milliers de véhicules, de vos centaines d’hélicoptères ou d’avions – que vous n’utilisez que pour vos démonstrations aériennes, votre armement et vos munitions lâchées en pleine nature ou dans les lacs. La guerre pour un avenir durable ne se fera pas avec des fusils, des chars ou une force aérienne, mais justement en arrêtant d’utiliser et de produire ce matériel.

Les alternatives existent. Des ONG luttent pour la paix et les droits humains ou viennent en secours lors de conflits ou de désastres naturels dans des pays, sans être équipées de fusils et de chars. Nos institutions en Suisse non plus, n’ont pas besoin de vos gros budgets et d’énormément de personnel pour être efficace lorsque cela est nécessaire. Il y a eu 22’255’085 jours de service militaire entre 2016 et 20192. Plus de 5 millions par année. Ne pensez-vous pas que tous ces jours de travail auraient pu avoir une meilleure utilité pour la société et les recrues qui les ont fournis ? Car de l’aide et du temps de travail il y en a besoin. Pour l’agriculture par exemple, tel que nous l’imaginons, mis en place sous forme de service pour le climat et l’environnement3. Apprendre une base que tout le monde devrait savoir faire, c’est-à-dire produire de quoi manger, par l’agriculture. Pour la paix, l’environnement, l’humanité, et toutes les raisons évoquées, il semble indispensable de supprimer ou réinventer l’armée.

  1. Le Temps : Le cri de détresse des soldats mobilisés

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