[EPFL] Pour les étudiant·e·s : pour des examens adaptés à la situation

Cette crise sanitaire, comme la crise climatique et comme toute crise, ne fait qu’amplifier et mettre en exergue des inégalités déjà présentes. Ainsi, ce sont à nouveau les personnes dans des situations déjà délicates qui sont le plus touchées par cette reconfiguration sociétale autour de la crise du COVID-19 : les étudiant·e·s avec un emploi à côté, les étudiant·e·s avec des contextes familiaux difficiles, ou des environnement de vie à la maison compliqués etc.

La réponse sociétale à tous les niveaux à ce genre de crise se doit d’être placée systématiquement sous le principe fondamental de justice. Justice climatique, justice sociale, même problème. Ce ne sont pas aux personnes déjà dans des situations compliquées de faire les frais des situations exceptionnelles et c’est aux institutions de s’adapter. Face à cette crise, l’EPFL a prévu de maintenir les examens coûte que coûte.

Nous devons tou·te·s passer nos examens au semestre de printemps. Et pourtant, certain·e·s d’entre nous n’ont pas accès à internet ou à un ordinateur, ont des obligations familiales ou aident leur proches et voisin·e·s. D’autres encore vivent dans un lieu de vie bruyant ou peu spacieux, ou s’inquiètent pour leur avenir financier en ces temps de chômage technique. D’autres encore sont mobilisé·e·s par l’armée et la protection civile et ne peuvent pas suivre leurs cours.

Ce ne sont pas des conditions adéquates pour étudier.

La possibilité de décaler les examens en août a été évoquée par la présidence lors de son intervention en direct du 26 mars. Les étudiant·e·s n’ont pas la même relation de sécurité financière vis-à-vis de leur engagement à l’EPFL. De nombreux·ses étudiant·e·s doivent travailler pendant leurs vacances d’été afin de financer leurs études. D’autres ont également des stages qui commencent en août ou en septembre. En ce sens, nous demandons le maintien des sessions d’examen du 15 juin au 4 juillet comme prévu. Si cela n’est pas possible pour des raisons sanitaires, nous demandons la mise en place d’une alternative à domicile (télé-examens) pour la forme qui permettrait l’obtention des crédits ECTS.

Nous demandons également une souplesses particulière de la part du corps enseignant et du Service académique concernant le contenu de ces examens et leur forme, les conditions pour pouvoir étudier correctement n’ayant pas été remplies. En particulier, nous demandons que les échecs aux examens de ce semestre soient indicatifs et que la possibilité de suivre les cours concernés à nouveau au semestre de printemps prochain leur soit accordée, comme à l’ETH.

Les étudiant·e·s de la section MàN sont les plus durement touché·e·s par ces conditions d’études à distance, étant ce·lle·ux ayant le plus besoin d’accompagnement pédagogique. Pour les autres sections, la situation particulière rend compliqué les possibilités de se projeter, et donc de se réorienter en cas d’échec, particulièrement si les examens ont lieu en août. C’est en ce sens que nous demandons la suppression des échecs définitifs pour les examens de printemps. Cela signifie que les étudiant·e·s de la MàN auront la possibilité de redoubler leur première année et d’être réintégré·e·s à leur section en cas de réussite aux examens, et que les étudiant·e·s qui échoueraient à leurs examens aient aussi la possibilité de redoubler leur année et refaire la MàN au semestre de printemps sans subir d’échec définitif à l’issue de ce semestre compliqué.

La qualité de la formation dispensée ayant été grandement impactée, les travaux pratiques et de groupe annulés, les projets de semestre avortés, l’accès aux infrastructures du campus impossible et l’accompagnement pédagogique des étudiant·e·s quasiment inexistant et compliqué le cas échéant, nous demandons le remboursement des frais d’inscription à ce semestre, adapté selon les cas.

Nous demandons également finalement que le semestre de printemps 2020 ne soit pas comptabilisé dans la durée maximale des études (voire l’année 2019-2020 dans certains cas exceptionnels). Cela concerne également les prestations sociales ou les bourses prenant en compte la durée maximale des études.

Assurons une qualité des études, et les meilleures conditions pour tou·te·s. Travaillons ensemble contre les inégalités, et pas à leurs côtés. Soyons solidaires en ces temps de crise, et construisons ensemble la justice sociale et justice écologique.

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