Durabilité à l’EPFL: Pas de pilote à l’horizon

Largement à la traîne derrière l’UNIL et l’ETHZ, l’EPFL a confirmé jeudi soir son incapacité à prendre ses responsabilités face aux enjeux environnementaux. Les associations de durabilité appellent à des réformes ambitieuses de la recherche et de l’enseignement.

Invité·e·s par l’Association Générale des Étudiants de l’EPFL (AGEPoly) à une grande soirée de dialogue pour s’expliquer sur sa politique climatique, ni Martin Vetterli ni le Vice-président à l’enseignement n’ont jugé nécessaire d’être présents. Face aux attentes de la communauté, les membres de la direction se sont contentés de naviguer entre langue de bois et mesures de façades.

Malgré la promesse de la mise en place d’une cafétéria exclusivement végétarienne et d’une augmentation de l’offre végétarienne, la seule mesure concrètement planifiée pour l’année à venir reste l’instauration d’un jour sans viande par année (“One day for climate”). Cela donne le ton quant à l’envergure des changements envisagés par l’école.

On ne se faisait pas trop d’illusion. On sait que la direction de l’EPFL est réticente à s’engager sur ces questions.

s’exclame une étudiante, amère.

Face aux critiques de ses relations avec certaines des entreprises les plus destructrices, l’EPFL s’est félicitée de son modèle de partenariat et l’a défendu ardemment, allant jusqu’à affirmer ne pas faire confiance aux journalistes dans le cas controversé du droit de veto accordé à Nestlé. Andreas Mortensen, Vice-président à la recherche, a également maintes fois loué le principe de liberté académique pour justifier l’attitude conciliante de l’école vis-à-vis des recherches sur la fracturation hydraulique financées par Total au sein de l’institution.

Parallèlement, la suppression du seul programme de Master contenant des cours obligatoires sur la durabilité (Master in Management, Energy and Sustainability) et la réticence de l’école à intégrer des crédits obligatoires sur les enjeux environnementaux dans tous les cursus d’ingénieur·e·s mettent en lumière le peu d’ambition de celle-ci à ce sujet.

N’est-il pas paradoxal de voir une école comme l’EPFL, si fière de figurer en tête des classements universitaires, continuer de profiter de son image passée et manquer totalement l’opportunité de se positionner comme figure de proue sur ces enjeux d’avenir ?

C’est triste car quand on regarde l’UNIL ou l’ETHZ, on voit que certaines écoles prennent leurs responsabilités.

remarque un étudiant, déçu.

Nous déplorons la vision utopiste et naïve de l’école qui persiste à croire que la crise climatique peut être réglée par des solutions purement techniques sans considérer les aspects sociétaux qui constituent actuellement les réels obstacles.

Évidemment nous sommes heureux·ses de voir de nouvelles places de vélos apparaître, la rénovation de la centrale thermique et le retour de quelques arbres sur le campus ; mais ce dont l’école a vraiment besoin, ce sont des mesures contraignantes et fortes, d’une part concernant la mobilité et l’alimentation sur le campus, et d’autre part concernant l’enseignement afin que les ingénieur·e·s de demain soient enfin formé·e·s à la hauteur des enjeux.

Aussi, la mise en place d’un plan climatique daté et chiffré, inexistant à ce jour, est nécessaire si l’EPFL souhaite réellement atteindre ses objectifs de neutralité carbone. De telles réformes requièrent toutefois une volonté politique manifestement absente.

Face à la crise climatique, l’EPFL garde le cap : “Business as usual”.

L’association Unipoly et la Grève du Climat EPFL

Sources

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